Manifeste pour une réforme foncière

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Des terres pour la relance de l'économie

Nous avons demandé aux blancs de nous remettre les terres que jadis on leur avait prêté.
On leur avait prêté les terres entre les années 1946 et 1958 pour faire la relance économique du pays ; qui après la guerre était de 26 000 tonnes de sucre.
Cette remise devait se faire en étape de 1964 à 1967 ; mais en 1967, ils ont massacré les guadeloupéens. Donc personne n’a osé demander ces terres par rapport à ce massacre.
Et aussi, après la fermeture des usines qui a commencé en 1974 et qui a causé ces déboires. Nous avons demandé de nous remettre les terres pour relancer l’économie du pays.
L’usine de Bonne Mère à Sainte-Rose a fermé en 1974. Les usines de Darboussier et Blanchet ont fermé en 1976.

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Les Petits Planteurs pour ouvrir les usines

L’usine de Port Louis à Beauport était en menace de fermeture. On a passé une crise de 2 ans environ, où aucune canne ne s’est coupée. En cette période plusieurs associations ont permis aux gens de prendre les terres vacants, ce partout en Guadeloupe, surtout à Baie-Mahault.
L’UPLG a occupé Galbas à Sainte-Rose sous prétexte que cela soit dans l’intérêt du peuple.
Devant cette dérive, on a demandé une réforme foncière.
Nous avons demandé de nous redonner les terres pour faire une réforme foncière.
Dans la discussion, le blanc réclamait qu’on lui paie les souches de canne.
Les souches de canne sont la repousse des cannes qui ont été coupées dans une plantation. Ce qui est dans la terre et qui repousse.

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Décompte des terres

C’est ainsi qu’on l’a compté.
Il était question de 10 000 francs par hectare.
Considérant qu’on n’avait pas de moyen financier à ce moment là parce que à l’époque, le Syndicat des Petits Planteurs avait 15 centimes dans sa caisse.
Donc on ne pouvait entreprendre aucun type de réforme.
C’est là que monsieur Nervah Gros opta pour que la SAFER, qui est un organisme d’Etat, prenne la relève.

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Prêt des terres pour la relance économique nécessaire d'après-guerre

La remise devait se faire entre 1964 et 1967.
Et de cette relève, il a été négocié que la SAFER allait payer les souches de canne et devait répartir les terres pour les agriculteurs qui étaient sur place et de faire une réforme foncière pour que les occupants deviennent propriétaires.
Une réforme foncière pour que les agriculteurs/ occupants deviennent propriétaires.
Et c’est dans notre dos que la SAFER a acheté les terres et nous, Syndicat n’étions pas au courant de ces choses.
La SAFER, organisme d’État qui s’est mis en combinaison avec les blancs pour nous voler.
Nervah Gros faisait partie de ces anciens qui étaient francs et n’aurait jamais pensé ce genre de chose.
Il faut comprendre que nous sommes dans un pays colonisé et que tous les coups sont bons pour l’ennemi.
En ce moment c’est pire !!!
c’était les terres en faire valoir direct, c’est-à-dire, là où les blancs plantaient.

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La SAFER

Pour mémoire, V. Giscard d’Estaing a dit, à deux reprises, que « La réforme foncière se fera sur les terres en faire valoir direct, mais les terres des colons et les concessionnaires occupés ne seront pas compris dans cette partie là çà.
Donc pour nous, la SAFER a acheté les souches de canne et fait la réforme.

1986 à 1978
La SAFER s’est mis à écraser de nombreuses maisons de particuliers sur la commune de Morne à l’Eau.
Des associations sont venues nous voir à Sainte-Rose : association de monsieur Badene et la TAG : syndicat des travailleurs aux Abymes.
Et c’est à ce moment que nous avons appris que la SAFER aurait acheté les terres.
La destruction des maisons à Morne à l’eau se faisait de la manière suivante :

– la SAFER prenait une chaîne et l’attachait derrière une voiture et cassait les maisons. Ils faisaient la loi eux-même.
– Avec les forces de l’ordre, ils mettaient les gens dehors.

Ils ne faisaient aucun procès et prenaient les forces de l’ordre pour déloger les guadeloupéens

Ce sont les mêmes opérations qu’ils (le système français composé de : le préfet, l’ONF, le département) employaient à Goyave entre l’année 2019 et 2020, contre le Syndicat et ses adhérents militants.

En discutant avec la SAFER, on a su qu’elle a acheté les terres et a aussi acheté les terres des colons, des occupants et des concessionnaires.
« C’était un coup de marteau sur nos têtes ».

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Nos propositions

Moi, André Guyon, j’ai réfléchi et proposé deux solutions :
1°) Je leur ai demandé de donner à tous les colons et concessionnaires qui sont sur place leur titre de propriété ; et finir avec ça ; que nous ne réclamerions pas les terres.
Ils ont refusé et m’ont même appelé « fou »
2°) Comme ils ont acheté les terres des colons, concessionnaires et compagnie : 8500 francs.
Ils ont eu un titre avec cette somme maudite ; qui ne correspond qu’au chouque.
J’ai proposé de leur remettre les 8500 francs plus les frais de dépens. Ils ont refusé.
Je leur ai proposé jusqu’à 10 000 francs par hectare. Ils ont refusé.
Pendant leurs négociations, ils sont montés à Sainte-Rose en force avec environ 600 voitures, dont les nationalistes qui étaient avec eux pour pouvoir faire une action contre moi. Avec 90 gendarmes de la force de l’ordre.
Je les attendais car j’ai su ça 3 jours à l’avance. J’avais regroupé ma force à Belle Plaine Sainte-Rose. Les indépendantistes qui étaient avec moi, la bande de combat ouvrier : c’étaient des traites. Ils savaient très bien où la SAFER allait frapper et ils m’ont invité à attendre sur Belle Plaine Sainte-Rose. Et la SAFER a frappé en hauteur de Galbas, à Débauchée.
Quand j’ai su ça, j’ai maintenu ma force à Belle Plaine Sainte-Rose. Je n’ai pas bougé.
Mais ma troupe a voté qu’on aille à Débauchée.
Le maire de Sainte-Rose ( à l’époque Jean Daniel) était déjà là avec la SAFER lorsque j’ai demandé à mes alliés d’aller chercher le maire de la commune pour moi.

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Un combat contre l'extrême gauche

Lorsque nous sommes arrivée à Débauchée, j’ai vu que c’est le maire qui dirigeait l’action de la SAFER.
Il a failli avoir un affrontement, un combat. Il y a eu une discussion houleuse. Mon plus grand fils, Fleury a tenté d’interpeller le maire.
Dans le mouvement de foule, je suis restée en haut seul et les autres sont partie à Belle Plaine.
J’étais la dernière voiture à descendre et les CRS m’ont empêché de passer en m’obstruant la route tout en faignant de manger des fruits (icaques).
Arrivée à Belle Plaine Sainte-Rose, mes alliés me cherchaient et les CRS ont dressé une ligne, leur arme pointée sur moi, tel que « exécution de peloton ». J’ai pris mon sang froid, j’ai avancé sur ces CRS en écartant les fusils et je suis passé à pied, ma voiture est restée à Conodor.
Tout le monde était stupéfait de cette scène. Je craignais qu’ils ne tirent sur moi. Je suis montée tout en haut. Je suis rentrée en discussion houleuse avec les responsables du clan adverse. De nombreuses mères de famille avec leur enfant sont venues. La télévision était aussi présente. Les enfants sont montés sur moi comme une grappe de raisins, ils m’ont enveloppé.
Cela s’est déroulé sous la divinité. Ces mamans et leurs enfants sont venus en disant : « monsieur Guyon est en danger, on vient défendre monsieur Guyon ».
J’ai entendu les CRS dire : « fuyons, il nous a gagné, il est intelligent celui-là ».
Cela s’est passé comme une main de DIEU. Ils ont laissé la SAFER seul là. J’ai entendu l’hélicoptère dire : « es-ce-qu’on vous apporte de l’aide ? » ; les CRS au sol ont répondu : « fuyons ». Madame Dahomey, qui était contre moi a dit : « serrure en bois ne se bat pas contre serrure en fer ; il faut qu’on compte à combien on est pour réagir ».
Seul, j’ai pu narger les CRS. C’est à ce moment là qu’ils ont volé ma terre plantée en canne à sucre pour le donner à Elusue et un dénommé Goyo, par le biais de GOYO. Je les ai fais sortir sur ma terre. Comme Elusue était malheureux, j’ai cédé à Elusue un bout de terrain, et à 9 autres femmes aussi.
Ils ont fait des procès contre moi en référé. Le groupe dans lequel j’étais a fais voter contre moi pour que je n’aille pas en référé devant les blancs, c’était une organisation de l’extrême gauche contre moi. C’est pour cela que je méprise l’extrême gauche, car c’est avec eux que les blancs se servent.

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Des décisions systématiquement soumises au vote

Comme je fais toujours voter les décisions, des extrémistes de gauche et indépendantistes ont voté pour que je ne me présente pas devant la juridiction des blancs.
Il faut savoir que pour ne pas se présenter devant les blancs, il faut avoir une armée pour tabasser les blancs. Si tu n’as pas d’armée, tu dois respecter les règles démocratiques que le blanc a instaurées.
Le blanc appelle ça démocratie, mais c’est un dictat oppressif qui est monstrueux,
Du coup, j’ai perdu des procès. J’ai compris leur démagogie.
Puis j’ai attaqué le Préfet contre un procès où j’ai perdu, car ils ont mentionné : « le greffier faisant fonction » et non « le greffier faisant fonction a prêté serment devant la loi ». J’étais tout le temps sur le terrain.

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État des lieux

La SAFER a donc détourné sa mission de départ pour :

– s’accaparer des terres
– gérer les terres en fonction que l’auto suffisance alimentaire que nous cherchions soit complètement dévié.

Lorsque l’extrême gauche voyait qu’il n’y arrivait pas contre moi ; ils ont comploté pour me faire enfermer.
L’extrême gauche composée de la bande à :

– Luc Reinette
– Combat ouvrier
– les indépendantistes
qui sont tous des vermines et des hommes de paille.

Alors concernant la section planté en canne à sucre, à Galbas Sainte-Rose, une révélation de la situation :

la SAFER a acheté toutes les terres sauf cette section car elle a combiné avec les indépendantistes pour que ces derniers aient Galbas.
Cela s’est passé derrière notre dos.
ROUAGE 

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